Quand on parle de position à vélo, la hauteur de selle capte souvent toute l’attention.
Pourtant, un autre réglage influence profondément la biomécanique du cycliste :
👉 le recul de selle.
Une étude récente publiée en 2025 dans Scientific Reports montre que déplacer la selle vers l’avant ou vers l’arrière modifie :
- le confort
- les angles articulaires
- la stratégie motrice
- et surtout la manière dont ces effets évoluent avec l’intensité
Autrement dit :
👉 un recul de selle mal ajusté peut devenir problématique dès que les watts montent.
L’objectif de l’étude : comprendre l’effet du recul à différentes intensités
Les chercheurs ont étudié 34 cyclistes loisirs (14 femmes et 20 hommes).
Chaque participant a pédalé dans 3 positions de recul de selle :
- recul préféré
- selle avancée
- selle reculée (+10 %)
et à 2 intensités physiologiques :
- VT1
- VT2
C’est particulièrement intéressant car cela rapproche la recherche du terrain :
👉 la même position ne se comporte pas pareil en endurance et proche du seuil.
Résultat majeur : plus la selle recule, plus les articulations s’étendent
Le résultat principal est très clair :
👉 une selle plus reculée augmente l’extension du genou et de la cheville, tout en réduisant l’amplitude de flexion-extension de hanche.
En pratique, cela signifie :
- jambe plus “allongée”
- cheville plus tendue
- hanche moins libre
- engagement postérieur modifié
C’est exactement ce que l’on observe lors des fits où un cycliste se retrouve :
- trop étiré derrière le boîtier
- moins fluide dans le passage du PMH
- avec plus de tension ischio-mollet
L’intensité amplifie encore ces effets
L’autre donnée passionnante est que l’intensité accentue ces changements biomécaniques.
À VT2, les auteurs observent :
- moins de flexion de hanche
- plus de dorsiflexion de cheville
👉 Cela confirme une idée très forte :
un recul toléré à basse intensité peut devenir limitant au seuil ou en montée.
Pour un cycliste performant, cela peut se traduire par :
- perte de fluidité
- fatigue musculaire plus rapide
- surcharge du genou postérieur
- tension sur la chaîne postérieure
Le confort baisse quand la selle recule
Le point le plus intéressant pour tes lecteurs :
👉 la selle reculée diminue significativement le confort
et ce, sans forcément augmenter la perception globale de l’effort.
C’est une donnée clinique ultra importante.
Parce qu’un cycliste peut dire :
“je ne force pas plus”
tout en développant :
- douleurs ischios
- gêne périnéale
- tiraillements postérieurs
- inconfort lombaire
Le confort devient donc un marqueur précieux du bon recul de selle.
La vision Posturide : le recul pilote toute la chaîne
Chez Posturide, on considère souvent le recul de selle comme :
👉 le réglage qui organise tout le reste
Car il influence directement :
- l’extension du genou
- la liberté de hanche
- le centre de gravité
- la charge sur les mains
- la sensation de poussée vs traction
Cette étude confirme parfaitement cette vision :
👉 quelques millimètres peuvent changer le confort et la mécanique, surtout à haute intensité.
Encarnación-Martínez A, Rizo-Albero J, Pérez-Soriano P.
Changes in saddle setback and intensity affect comfort and lower limb kinematics in recreational cyclists.
Scientific Reports. 2025;15(1):24541.
DOI: 10.1038/s41598-025-09649-w